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L'Eglise de Piéton

Au nom de Piéton s'attache désormais le souvenir prestigieux d'un des plus célèbres ordres religieux issu des croisades, celui des Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem, plus communément dénommée l'Ordre de Malte, successeur à Piéton de cet autre ordre non moins célèbre, celui des «Templiers».

egliseL'église paroissiale actuelle constitue le témoin le mieux conservé de leur présence à Piéton.

Les travaux de sa construction proprement dits s'étalèrent de 1778 à 1781. Ils furent suivis de quelques parachèvements qui trouvèrent leur aboutissement en 1783.

Une cérémonie solennelle présidée par le doyen de Binche dont relevait alors la vicairie de Piéton faisant alors elle-même partie de la paroisse de Forchies-la-Marche, fut organisée à cette époque à l'occasion de la bénédiction de l'édifice et du cimetière qui l'entoure encore.
C'est en 1778 au Commandeur, Monsieur de Fleury, dont nous avons déjà évoqué la mémoire que l'on dut la décision de remplacer l'ancienne chapelle castrale de la commanderie par un édifice nouveau que l'on établirait à l'emplacement que nous connaissons aujourd'hui.

A vrai dire, l'ancienne chapelle ou église dont on ne conserve qu'une vague souvenance, se situait face au presbytère ancien, de l'autre côté de la rue, et était entourée de son cimetière.
Edifier aux frais des diverses communautés qui assumaient le financement du fonctionnement de la paroisse, en l'occurence Le Commandeur lui-même, les abbayes de Bonne Espérance, de Liessies, de Lobbes et le chapître de Binche et ce dans des proportions conformes à leurs engagements.

Le commandeur donna délégation de gestion à son administrateur ordinaire A. Guillaume Drion, avocat au conseil souverain du Hainaut, avec mission de mener à bien l'entreprise dont les plans furent confiés à l'architecte de Brissy de Mons.
Monsieur de Fleury ne connut pas l'achèvement de la nouvelle église de Piéton. Décédé le 20 octobre 1781, il fut remplacé dans sa charge par Monsieur de Breteuil, grand'croix de Malte à qui après son décès le 25 août 1785, succéda Alexandre de Treslon, ancien général de l'Ordre de Malte.

L'ensemble des dépenses s'éleva à 29.557 livres 4 s. (sequins/ argent de Brabant, soit 27.144 I. 7 s. 7 d. en argent de France. La part de chacun des participants à la dépense, que l'on appelait les décimateurs, s'éleva à 17/21 pour le commandeur, 3/21 pour l'abbaye de Liessies et 1/21 pour l'abbaye de Lobbes et le chapître de Binche réunis.
On sait que, dans toute la mesure du possible, le maximum de matériaux de l'ancienne chapelle fut utilisé pour les travaux:
pierres de grès, vieux bois de charpente. Quatre meules à briques furent édifiées sur place par le Maître briquetier Noël Renaux. Sur les 1.228.000 briques et briquettes fabriquées, destinées aux travaux de l'église et du mur du cimetière, il demeura un reliquat de 110.000 briques et 10.000 briquettes, qui furent vendues dans la suite au profit des décimateurs.
Le bois de fagotage et le charbon nécessaires à la maison Provenaient de la charbonnerie de Carniéres et du prieuré de Sarsles-Moines à Gosselies qui livra aussi une bonne partie de la chaux complémentaire aux approvisionnements émanant des chauffours de Fontaine.
Les pierres de l'ouvrage provinrent de Fontaine-l'Evëque et de Feluy et les carreaux de Basécles. De nombreuses vieilles pierres provenant de l'ancienne église furent cependant utilisées pour la construction du cimetière.
Les corniches, moulures et plafonnage furent exécuté, par Louis Gilbert de Fontaine. Les travaux de charpentes de l'église,des appentis, de la sacristie et du clocher furent confiés au maitre charpentier François-Joseph Charlier de Braine-l'Alleud. A cet égard, nous relevons aussi que le commandeur avait fait abatre de nombreux arbres du Bois des Vallées pour assurer la fourniture des gros bois. Ce fut un menuisier binchiois, F. Demoulin, qui procéda aux travaux de menuiserie et à la réinstallation des vieux autels, du banc de communion, de la chaire de vérité et du confessionnal de l'ancienne église en attendant qua l'on fit du neuf.

Jacques Bouillard de Piéton forgea les grosses serrures, tandis que les travaux plus raffinés de même ordre furent exécutés par le serrurier montois Ansiau. Nous notons également qu'une grande partie des fournitures de clouterie fut assumée par un piétonnais marchand de clous, dénommé Fumière.
Pour la toiture, après avoir récupéré les ardoises de l'ancien bâtiment, le maître couvreur Lambert Nonnon, de Lobbes, utilisa outre 49.000 ardoises, une centaine de tuiles faitières,tandis que le plombier montois Deharveng réclamait 1202 livres de plomb pour ses travaux de couverture du clocher.

Le coq forgé par un montois, Dubois, fut doré ainsi que les petites et la grosse boule par un nommé Alsteen qui réclama 26 l. 18 pour son ouvrage.
nous retiendrons encore un achat de peinture gris perle, qui laisserait présumer de la coloration générale intérieure de l'édifice. Nous apprenons aussi que l'architecte de Brissy reçut 1189 I. 14 s. pour ses vacations et l'élaboration de ses plans.

Le gros oeuvre terminé, on confia aux fondeurs Louis Simon et Claude Forest le soin de fabriquer et d'installer une nouvelle cloche pesant de 6 à 800 livres pour être entendue aux extrémités de la paroisse. C'était en 1783. Quant à la vieille cloche cassée et fort petite, il fut décidé qu'on engagerait les paroissiens à se cotiser pour en faire fabriquer une autre à l'aide du métal récupéré en y ajoutant la matière nécessaire, afin de servir de seconde et de ménager ainsi la cloche décimale.

Ce n'est qu'en 1785 que l'on clôtura le cimetière par un portail de fer à deux battants... tandis qu'en 1786, l'administrateur Drion fit envoyer à titre de parachèvement «une nouvelle chaire de vérité et quelques boiseries pour servir de lutrins et de stalles des deux côtés du choeur».
L'ouvrage terminé, les cloches désormais allaient résonner et chanter au ciel piétonnais la gloire de leur Saint patron Jean-Baptiste... et prolonger jusqu'à nos jours la mémoire de ceux qui conférèrent, à la petite bourgade campagnarde de Piéton, l'éclat de leur renommée européenne : les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem.